Pendant plus de deux ans (1856-1857) une guérilla s'installe autour de Nouméa, à l'époque dénommée Port de France. Les tribus sont traquées et poussées à la rédition et la dépossession de leurs terres. La rivière Dumbéa devient une première frontière que les mélanésiens ne sont plus autorisés à franchir.
L'attribution des premières concessions marquèrent le début de l'implantation des colons dans la vallée de la Dumbéa, à Koé consacrée surtout à l'agriculture, et dans le secteur de Koutio-Kouéta, mieux adapté à l'élevage.
Cette histoire est rude et difficile, affligée par les épidémies et les terribles invasions de sauterelles qui détruise les récoltes sucrières et les ambitions de nombres de ces courageux pionniers, la ruine et le départ de certain d'entre eux. D'ailleurs, Koé ne signifie-t-il Sauterelle en langue locale ?..
Elle résonne de l'histoire de la conquête minière, car c'est sur un flanc des Monts Koghis, le long du vallon du Carrigou, en partant de Koé, que Jules Garnier découvrit en 1864, ces roches d'un beau vert, une variété de Nickel qui gardera son nom. La contreforts montagneux seront exploités plus tard et gardent encore quelques traces des prospections et mines à ciel ouvert.
Cette histoire est marquée également par la colonisation pénale, certains colons, comme John Higginson, ayant passé un contrat avec l'administration pénitentiaire et bénéficie d'une main d'œuvre de forçats. Un établissement pénitentiaire agricole s'implante à Koé dont il reste la boulangerie datant de 1880, les ruines d'un four à briques, un four à chaux et une stèle à la mémoire d'un agent de culture de l'administration pénitentiaire.
Devant la difficulté persistante de Port de France de s'alimenter en eau potable et le problème de salubrité publique qui en découlait, la rivière Dumbéa a été amenée à jouer un rôle stratégique. La conduite qui amenait l'eau sur 12 km depuis Yahoué jusqu'à Nouméa étant devenue insuffisante, un premier barrage sur la Dumbéa fut érigé en 1892 et 32 km et une adduction de 32 km ont permis d'alimenter la capitale alors en proie à la dysenterie, la typhoïde et la prophylaxie. Jusqu'à ce jour, l'eau de Dumbéa contribue de manière importante à l'alimentation du Grand Nouméa en eau potable.
Un historique de la vie de Dumbéa ne serait pas complet sans l'évocation de l'épopée du petit train. En 1884, le Gouverneur Pallu de la Barrière fait déclarer d'utilité publique la création d'un chemin de fer calédonien. Les travaux débutent en 1901 et en 1902, 11 km de voie ferrée relient Nouméa au tunnel Tonghoué dont le creusement vient de commencer. C'est seulement en décembre 1904 que la ligne Nouméa Dumbéa sera inaugurée donnant un nouvel essor à la commune et permettant notamment l'acheminement du Nickel, du bois de chauffage et du charbon de Nondoué. Devant le coût exorbitant de cette aventure, l'avancée des travaux est ralentie et il faudra attendre 1914 pour que le train parvienne à Païta, franchissant un pont sur la Dumbéa et le tunnel d'Erambéré que l'on peut encore visiter aujourd'hui. Le manque de rentabilité creuse d'année en année de déficit jusqu'à la fermeture de la ligne en 1940, pour une brève renaissance pour le transport de munitions à l'occasion de la seconde guerre mondiale.
En effet, Dumbéa a bénéficié comme le reste de la Nouvelle-Calédonie de l'impulsion donnée par l'implantation des forces de soutien américaines lors de la seconde guerre mondiale de 1942 à 1945. La commune a notamment accueilli trois complexes hospitaliers, un centre radio, des ateliers de réparation.
Depuis cette époque, Dumbéa a accompagné les importantes évolutions de la vie de la Nouvelle-Calédonie et de sa capitale, depuis l'abandon du statut de l'indigénat dans l'après guerre en passant par le boom du Nickel au tournant des années 70, qui ont été le point de départ de l'accroissement démographique spectaculaire de la périphérie de Nouméa et particulièrement des quartier de Koutio et Auteuil à Dumbéa. Elle a partagé les heures difficiles de l'histoire calédonienne, de 1981 à 1988, accueillant sur son sol beaucoup de ceux que les événements avaient chassés de chez eux. Elle entre de plein pied dans le troisième millénaire menant un ambitieux programme de développement. |